Des forets urbaines authentiques

Le plan de gestion de la forêt de Chailluz sera proposé au Conseil Municipal d’Avril 2004. Le renouvellement d’un plan de gestion forestière (« aménagement forestier ») intervient tous les 20 ans environ.
C ‘est l’occasion de mettre en œuvre une démarche originale de concertation.

20 ans entre deux renouvellements peut paraître long. La première idée à intégrer est que le forestier travaille sur des cycles de renouvellement de 100 à 200 ans.
A l ‘échelle des temps forestiers, 20 ans est une période courte !

Le plan de gestion a par ailleurs pour objectif d’élaborer un programme d’actions qui prmette à la forêt de remplir durablement la multitude de fonctions qu’elle assume :

• fonctions écologiques ;
• fonctions de régulation climatique et de dépollution ;
• fonctions paysagères ;
• fonctions d’accueil du public ;
• fonctions sociales et économiques.

Tout l’enjeu est donc de rédiger un plan de gestion qui permette de garantir le maintien de ces fonctions sans qu’aucune ne vienne compromettre l’existence des autres (impact du public sur des milieux fragiles, impact des exploitations sur le paysage).
Un plan de gestion est approuvé par le propriétaire forestier (la Commune dans ce cas) sur les propositions de son gestionnaire.
Pour que les élus puissent se prononcer sur la qualité du plan de gestion toute une démarche est nécessaire.
La première phase d’un plan de gestion est la phase de bilan et d’état des lieux.
On dresse le bilan de la période précédente sur différents registres (la fonction d’accueil du public est elle réalisée à un niveau satisfaisant et supportable pour le milieu ? l’état sanitaire des peuplements est-il bon ?).
Ce bilan est ensuite présenté aux élus pour qu’ils puissent se faire une idée de la gestion de leur patrimoine forestier.
C’est l’occasion d’expliquer les nombreuses fonctions assumées par un massif forestier.

La deuxième phase est la définition d’objectifs de gestion par le propriétaire.
C’est une phase de concertation où le propriétaire choisit les axes sur lesquels il souhaite que la gestion forestière soit construite.
Pour la forêt de Chailluz, l’ONF a proposé différentes hypothèses de gestion allant des plus simples (scénarios où l’on privilégie une seule fonction) aux plus intégrées.
Cette démarche permet de dresser un tableau des avantages-inconvénients propres à chaque scénario.
Le propriétaire forestier peut alors puiser dans ces simulations pour en extraire les grandes idées du plan de gestion.

Pour la Ville de Besançon, les grands objectifs énoncés sont les suivants :

• ne pas favoriser la confusion entre espace vert urbain et espace forestier (ce n’est pas un espace exclusivement d’accueil) ;
• maintenir le niveau actuel d’équipements d’accueil du public mais en améliorant la signalétique ;
• pratiquer une gestion forestière adaptée (futaie jardinée feuillue) dans les secteurs les plus fréquentés (concilier accueil du public et production forestière) ;
• pratiquer une gestion forestière adaptée dans les milieux fragiles ou rares (contexte écologique rigoureux de la Côte de Chailluz, lapiaz, création d’îlots de vieillissement) ;
• poursuivre le renouvellement forestier exigé par l’état sanitaire moyen des
chênes.

Enfin la Ville de Besançon a souhaité que ce projet soit présenté à la population avant sa rédaction finale.
Toute la démarche de conception et de concertation a donc été expliquée lors d’une réunion publique, ce qui est assez inhabituel.

La dernière phase est celle de la rédaction. C’est la traduction des objectifs énoncés par le propriétaire en programme d’actions organisées dans le temps et dans l’espace.

La conception d’un plan de gestion forestière est donc intéressante à plusieurs titres.
D’abord l’objet même de la réflexion est inhabituel : des échelles de temps peu utilisées, une multitude de fonctions fondamentales à la vie terrestre.
C’est ensuite la démarche qui est passionnante : concertation et projection dans le temps pour imaginer un document qui serve de cadre dans un environnement (social, politique, climatique…) en perpétuelle évolution, mais qui dispose de la souplesse nécessaire pour laisser le milieu s’adapter à des variations brutales (tempêtes et sécheresse, crises de l’énergie et chauffage bois).

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